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vendredi 16 mars 2012

Article photo - Inde

par Unknown
Pourquoi pas?
Et voici, comme promis, la suite de l'article photo Europe et Maroc. Nous avons passé plus de temps en Inde qu'en Europe et au Maroc alors la tâche de sélection de photographies à été encore plus ardue. C'est également en Inde, juste avant de partir pour la Thaïlande, que nous avons décidé de nous munir d'un appareil de photo digne de ce nom. Nous avons soudainement eu envie de se mettre plus sérieusement à la photo et avons imaginé que notre voyage était la meilleure des excuses pour dépenser notre argent sur une caméra.


Au moment où nous avons décidé de partir pour le tour du monde, je me suis dit qu'il était temps de me payer ce beau DSLR que j'ai-toujours-voulu-mais-n'ai-jamais-pu-justifier. Mais après quelques temps j'ai réalisé que c'était beaucoup trop gros et une trop belle cible pour les voleurs. C'est aussi beaucoup moins discret lorsqu'on cherche à prendre des photos incognito. Nos mois de voyage, où nous avons observé beaucoup de voyageurs avec plusieurs kilos de caméra dans le cou, m'ont donnés raison. J'avais donc opté pour l'option "artsy" et acheté une Rolei d'occasion. Une caméra pellicule ne nécessitant aucune batterie et a peine plus grosse qu'une caméra compacte digitale. J'ai pris plus de deux cent photos avec la Rolei, je ne les ai pas encore vues au moment d'écrire cet article. N'empêche, j'ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir la photo avec cette petite caméra d'un autre temps, qui vous force à réfléchir avant de presser le déclencheur.

L'achat de notre nouveau jouet nous a poussé à simplifier. C'était la cinquième caméra dans nos sacs en comptant le iPhone. Nous avons donc retourné la Rolei et la petite compacte de Marie-Claude au Québec. Nous avons donc maintenant une très bonne caméra, une compacte qui va sous l'eau et le iPhone.

-- Début de section pour geeks seulement --

Nous nous sommes procuré une Olympus Pen E-P3, caméra dite mirrorless, un compromis entre les gros appareil DSLR et les caméra compactes. Elle contient un senseur pratiquement aussi gros qu'un DSLR mais, étant donné qu'elle n'a pas de miroir ni de prisme, elle est beaucoup plus petite et légère. L'absence de miroir diminue la distance focale, donc l'image obtenue est plus petite sur le senseur (qui est par conséquent plus petit). Cela veut dire une perte de qualité par rapport au meilleur DSLR de gamme amateurs, surtout dans des situations de luminosité faible mais, malgré tout, équivalente et même supérieure à des modèles de DSLR d'entrée de gamme. La caméra accepte toutes les lentilles du standard Micro-Four Third et beaucoup d'autres grâce à des adaptateurs. Donc, gros senseur et possibilité d'avoir des lentilles de haute qualité, ce qui est beaucoup plus important que les méga-pixels. Le meilleur compromis, jusqu'à présent, pour les voyageurs passionnés de photographie. Je n'ai pas pu, non plus, résister à l'achat d'une super lentille 12 mm f 2.0 à Bangkok. Pour une Micro-Four Third ça équivaut à 24mm sur les appareils 35mm d'antan. f 2.0 veut dire que la lentille permet de prendre des photographies dans des conditions de basse luminosité et/ou permet des profondeurs de champ très petites, nécessaire pour des beaux portraits et/où on recherche des arrière-plans flous pour garder l'attention sur le sujet. La lentille est aussi très sharp, résultats très excitants (et ils le seront plus quand nous aurons appris à se connaître, à suivre).

Cette caméra est relativement légère, reste très confortable pour nos cous, ne prend pas trop de place dans nos sacs, passe relativement inaperçue (quoiqu'elle est très belle avec son look rétro) et est un charme à utiliser. L'autofocus avec les lentilles Olympus est aussi, sinon plus rapide qu'un DSLR de base (chose nouvelle car ça a toujours été un argument en faveur des DSLR) et la caméra en général est extrêmement rapide d'utilisation. Un plaisir en photographie de rue. Vous aurez compris pourquoi, à partir de la fin du voyage en Inde, le format et la qualité de photographies à changé. Nous avons négligé le iPhone depuis, mais ce n'est sûrement que temporaire.

-- Fin de section pour geeks seulement --

Donc voici, après trop de détails techniques qui ne vous intéressent pas nécessairement, la sélection des photos en Inde pour cet article, tirées de l'album La sélection d'André. Les critères de sélections restent les mêmes, beauté, importance du moment et émotion avant qualité technique.

Les rues de Mumbai
C'est notre premier contact, où presque si on ne compte pas le taxi de la veille, avec l'Inde. Mumbai, énorme ville mais tout de même facile, à bien y penser. Cette photographie prise au hasard montre un marchand comme il y en a des milliers, qui vent des guirlandes de fleurs pour offrir aux dieux parmi d'autres articles divers. C'est une scène classique de la vie dans les rues des villes indiennes.


Une autre planète au coeur de Mumbai
La photo n'est pas très bonne mais le moment était magique. Nous marchions en direction de la plage de Mumbai et je me souvient avoir lu qu'il existe un vieux quartier catholique avec une architecture particulière dans le coin. Nous cherchons l'endroit et atterrissons dans cette ruelle. Le voici, le fameux quartier. Ce n'est finalement que deux ou trois rues étroites mais les maisons, toutes de bois, arborent de grands balcons qui rappellent ceux des ruelles montréalaises. Les enfants jouent dans la rue, nous lancent des sourires en pratiquant leur anglais et Marie-Claude a même droit à une petite leçon de crochet d'une vieille dame assise sur le plancher de son appartement. C'est impossible de vous transmette l'émotion du moment, mais notre vision de Mumbai a complètement changée à partir de ce point.


Notre amie Salsa

Après quelques jours à Mumbai, une aventure dans le train pour Goa, deux jours de sueurs intenses dans le village de Benaulim, nous dénichons un petit resort wannabe-artiste près de la plage et en retrait du village et de la majorité des touristes. Nous décidons de profiter d'un bon prix pour rester une semaine dans une petite cabane au bord de la mer. C'est là que j'ai dû attraper la giardia (pas du resort)... Dès les premières heures, nous avons été adoptés par Salsa, un des quelques chiens du resort. Avec son oeil en moins, elle était adorable et montait la garde devant notre porte la nuit.


Un p'tit panier de poussins avec ça?
Après une semaine à Benaulim et six pillules de Zithromax en moins, nous partons pour Palolem. Nous cherchons un endroit pour s'installer pour les fêtes. Après une longue journée de recherche nous trouvons notre super appartement dans la maison rose à Columb Beach et apprenons qu'un marché publique est tenu le dimanche en ville. Le dimanche suivant, a cheval sur notre mopette, nous nous rendons au marché faire des provisions. Tiens! Des poussins! Je n'ai même pas vu moi-même en personne, seulement la photo. En Inde, comme partout en Asie, il n'est pas rare qu'on ait des poulets à la maison. Voilà comment on se les procure...


P'tite game de frisbee au soleil couchant
Nos semaines passées à Goa étaient très difficiles. Nous devions, à chaque jour, décider entre la plage et la plage. Nous nous sommes liés d'amitié avec nos voisins de chambre, Edie et Oli, et passions beaucoup de temps à changer le monde avec eux. Me voici, sur la photo, à réfléchir sur la condition humaine avec eux en tentant maladroitement de cacher ma feu bédaine.


Oli à la pêche
Ah oui, j'oubliais! Une autre activité épuisante consistait à aller à sunset point surveiller le soleil, pour qu'il se couche à l'heure. On voit ici Oli taquiner le red snapper de ses mains de gentleman farceur.


Difficile de résister
Et sur la plage, un vrai club de rencontre. Je vous présente Jingle, ainsi baptisé par Edie, notre compagnon de farniente.


Baji, samosa et chai

Une des grandes découvertes de notre voyage en Inde, le baji. Au déjeuner, genre de soupe-sauce aux petits pois et pommes de terre, ultra piquante, ça réveille. La première fois on se demande qu'est-ce qu'on fout là, c'est presque hallucinogène. Mais ça a un petit goût de revenez-y. Avec un ou deux ou trois bons samosas et un ou deux chai, un déjeuner à un dollar qui vous rend heureux. Je sais, la photo n'est pas très appétissante...


Promiscuité dans le train
Le train en Inde est une expérience en soi. Si vous vous prenez d'avance et que vous réservez en première classe, mis à part la propreté générale, votre souvenir ne sera pas particulièrement spécial. Par contre, si vous embarquez en sleeper class, vous expérimenterez l'Inde comme il se doit. Vous pouvez poussez l'audace et prendre le train en classe encore plus économique mais... En Inde, plus de 17 millions de personnes prennent le train par jour! Donc, à moins de vous prendre une ou deux semaines à l'avance, les trains sont tous pleins. Évidemment, tout le monde à des imprévus et énormément d'indiens ne peuvent réserver une place. Donc, ils embarquent dans le train, généralement en sleeper class, et filent quelques centaines de roupies au contrôleur quand il passe. Disons que ça fait partie des avantages marginaux du poste de contrôleur de train. Vous imaginez alors le scénario: trop de gens dans trop peu d'espace. Si vous avez des places réservées, vous devrez vous armer de patience et avoir une main de fer pour déloger les opportunistes qui occupent vos sièges. Et vous devrez accepter de partager un espace conçu pour trois avec cinq ou six indiens souriants qui vous prennent pour un acteur de Bollywood et prendrons, assurément, quelques photographies de votre drôle de tête d'étranger.


La boulette

Tiens, un caillou... Lorsqu'est venu le temps de quitter Goa, nous avons fait le voyage avec Edie et Oli et, après plus de 24 heures de voyage, avons atteint Hampi. Je m'attendais à un décors surréaliste et je l'ai eu. Mais je ne m'attendais pas à une communauté de hippie qui vivent à 0,25 km/h. Ce fût très difficile de quitter cet endroit particulier. La vie au ralenti dans un décor impossible de cailloux géants et entouré de rizières fait son oeuvre. Vous êtes pris au piège.



Et les motos, les rizières, les vaches et les locaux se passent le mot pour nous retenir. Nous sommes coincés à Hampi.


Embellissons

Cette jeune fille dessine par terre devant la boutique familiale. Sûrement pour attirer le regard des passants.





Sans le savoir, nous avons choisi une journée de fête religieuse pour visiter le temple des singes à Hampi. Des centaines d'indiens sont venus de partout dans la province faire leur révérences aux singes, la plupart d'entre eux n'ont probablement jamais vu de blancs auparavant. Nous avons volé la vedette aux singes, tout le monde voulait nous parler et nous serrer la main. Nous avons été pris en photo des centaines de fois. Le temple se situe au sommet d'une montagne, à 576 marches sinueuses de la route. La vue est impressionnante et les singes omniprésents.


Il y a toujours de la place
Et nous voilà dans les rues de Delhi. Après une excursion traumatisante à Agra pour voir le fameux Taj Mahal, nous avons décidé d'écourter notre voyage en Inde. Le froid et la maladie à eu raison de nous. Nous reviendrons plus fort. Ici, un homme ramène des écoliers à la maison, entassés sur sa bécane.


Grouille, j'ai Ganesh au cul!

À Delhi, nous vivions dans la vielle ville, sur Arakashan Road. Les rues du quartier sont très colorées, tant par les habitants que par les commerces et les ornements sur les murs.


Une p'tite coupe à frette?
Le genre de chose qu'on trouve normale après un temps en Inde. Un barbier sur le trottoir et à cinq degrés? Pourquoi pas? Le barbier s'appliquait pour montrer son professionnalisme sur ma photo alors que tout le monde, client compris, riait de bon coeur d'être sur ma photo.


Moi et mes soeurs...
Près de notre hôtel, quelques artisans fabriquent des sculptures de divinités.


Je suis un peu ému d'écrire cet article et de constater que nous n'avons vu qu'une fraction de ce que nous prévoyions voir en Inde. Nous avions toutes les bonnes raisons de partir, il faisait froid et notre santé était précaire. Malgré toutes les raisons rationnelles qui me retiendraient d'y retourner, je sais que j'y mettrai les pieds à nouveau. L'Inde ça fait mal, ça vous travaille mais c'est beau et ça vous colle à la peau.


7 commentaires:

  1. Magnifiques photos ! Encore merci du voyage par procuration.

    Georges

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  2. André Malenfant17 mars 2012 à 00 h 59

    Merci Georges! Non seulement ça fait plaisir de partager le voyage sur le blog mais ça nous permet de se rappeler les bons moments et documenter le tout.

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  3. Très belles photos! Malgré les inconvénients, ça donne vraiment le goût d'aller y faire un tour!
    Merci encore

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  4. Supers photos! Ça donne le goût d'arrêter de faire des petits et de voyager un peu! ¨Ca l'air bon pour le bedaine...

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  5. C'est emprunter les couloirs touristiques qui fait le plus mal en Inde.

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  6. André Malenfant1 avril 2012 à 23 h 49

    Oui, dans le nord surtout. Faut avoir le moral pour passer au travers!

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  7. André Malenfant1 avril 2012 à 23 h 53

    Haha! Oui c'est bon pour la ligne, surtout quand t'as un parasite dans les tripes! Sans farces, ça redonne le goût à la photographie et je me rend compte que ce qui me fait triper le plus c'est la photo de rue. C'est aussi celle qui prend le plus de guts parce qu'il faut oser prendre les photos qui nous intéresses et ne pas avoir peur de déranger. C'est une nouvelle approche à apprendre, trouver des moyens de photographier les gens sans les choquer, idéalement de les amener à participer de bon coeur... L'Asie est tellement photogénique en plus...

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