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vendredi 7 septembre 2012

Une année rocambolesque, ébouriffante et abracadabrandesque

par André
La folie vous guète
après un an en voyage
C'est très difficile d'écrire cet article anniversaire de La fuite aujourd'hui, sur trame de tuerie, de paranoïa collective et d'arrière goût de querelles anglos/francos dans les médias. À voyager autour du monde comme Marie-Claude et moi le faisons, en dehors du cocon des resorts cinq étoiles, on est forcé de constater que peu de gens pensent de la même manière et que beaucoup ont des idées radicalement opposées aux vôtres. Les événements entourants les élections au Québec (et le résultat des élections lui-même) nous rappellent avec trop d'éclats que c'est aussi vrai chez-nous.
Il est pénible de réaliser à nouveau que des gens qui en apparence vous ressemble et qui devraient, grâce à la proximité culturelle avec la vôtre, être en mesure de vous comprendre, d'avoir de l'empathie pour vous et vos idées, puissent refuser de tenir un dialogue rationnel et constructif, voire même ressentir de la haine envers vous.

J'avais écrit un texte léger et teinté d'humour pour célébrer notre année passée à parcourir le monde (et ai gardé le titre) mais j'ai du remettre la main à la pâte parce que je me sentais hors propos, un genre d'imposteur qui veut faire la promotion de sa futile quête personnelle alors qu'au même moment on se tire à la gueule et on est rivé devant la télé ou internet pour digérer un moment sombre de l'histoire. Mon côté rationnel me dit aussi que vous savez faire la part des choses et que justement, le peu d'évasion que nous vous offrons peut être bienvenu dans le tourbillon émotionnel présent. C'est pourquoi je me suis permis de garder le ton joyeux dans les images que je vous présente aujourd'hui.

Nous et le tigre
Alors, maintenant que c'est dit, je peux en mon âme et conscience parler de nous, de nos découvertes et de ce qui a changé dans nos vies depuis maintenant un an de vagabondage. Il y a d'ailleurs une certaine connexion émotionnelles entre nous et les événements parce que pendant que nous suivions les élections, de loin en Australie, nous étions également en train de mettre à jour le budget question de voir à quel point nos prévisions et la réalité se contredisaient. Et c'est toujours dans ces moments que nous jonglons le plus sur notre avenir au Québec, à notre retour. Qu'est-ce qu'on va faire? Où est qu'on va vivre? Nous ne voulons pas retourner à notre vie d'avant! Malgré que la liste d'idées s'allonge tous les jours, que je travaille fort pour développer mon talent photographique et son potentiel nourricier et que Marie-Claude met autant d'effort sur ses projets d'orfèvre, nous ne le savons toujours pas et c'est toujours aussi déboussolant. En fait ce l'est progressivement plus parce que l'échéance approche, la date butoir fonce vers nous et le compte bancaire nous rappelle que toute bonne chose à une fin. Vous comprendrez alors que le mélange de ces émotions avec celles provoquées par ce qui se passe à la maison m'a mis dans un état d'esprit incompatible avec l'idée joyeuse et festive que nous nous faisions du 365ième jour de La fuite.

Oui, il fait soleil...
Je ne veux pas non plus vous faire croire que nous sommes malheureux, bien au contraire. Il y a toujours des hauts et des bas. Surtout, et de loin, des hauts! Il s'est passé tellement de choses pendant cette année, nous avons vu tellement de beaux paysages, de villes, de pays et rencontré de belles et bonnes personnes partout où nous sommes allé. En rétrospective, c'est en Asie que nous avons passé le plus de temps. Évidement parce que le coût de la vie était en accord complet avec notre bourse mais principalement parce que la vie y est très facile et nous étions entouré d'une culture vibrante et différente qui nous a fait découvrir de nouvelles saveurs, odeurs et une autre façon de vivre. C'est dans les pays moins riches (ou carrément pauvres) que nous avons accumulé le plus de bons souvenirs. Au Maroc, en Inde, au Laos et même en Thaïlande (que je ne peux qualifier justement de pauvre) nous pouvions connecter plus facilement avec les gens et tenter de comprendre comment ils vivent, comment ils pensent. Bien que nous n'avons fait qu'effleurer la chose, nous sommes repartis de là avec une vision enrichie de la vie et la confirmation que notre envie de vivre autrement était bel et bien une bonne idée, quelque chose qu'il nous fallait pour respirer librement. En dépit de notre persistante indécision sur notre avenir, nous avons désormais une idée très claire de ce que nous ne voulons pas et une compréhension toujours plus juste de qui nous sommes.

Qu'est-ce qui nous a marqué le plus dans la dernière année? Je dirais que ce sont les personnes que nous avons rencontrées et les amis que nous nous sommes fait. Partout où on va, c'est le contact humain qui fait la différence. Les meilleurs moments de notre périple sont toujours ceux partagés avec les amis rencontrés sur la route ou les parents venus nous visiter. Nous nous surprenons souvent à changer nos plans et a nous adapter à d'autres voyageurs. Bien sûr nous avons fait de grandes découvertes, visité des endroits magnifiques. Mais ce qui reste souvent dans nos esprits, c'est le bon temps passé avec les autres.



Dennie, Dk et Marie durant
mon workshop photo à Macau

Edi, Oli, Marie et moi dans le bus
vers Hampi

Jerry, Johnathan et moi sur la rivière
à Bangkok
Lorin, Markus et Timon au Laos
Gary et les papillons
Mustapha, Nathalie et Cyriac
(et moi) au Maroc

Jodi, Marie et le vendeur
de Salep
J'aimerais avoir des photographies de toutes les bonnes personnes que nous avons rencontrées.
Merci Katy et Allix, Dani et Ben, Gabi, Earl, Hélène et Tim, Caty et tous les autres que j'oublie!

Il y a aussi la constatation que partout, à travers toutes les cultures, au delà toutes les langues, les même petites choses simples de la vie font rire, sourire et un bonjour vous mène toujours plus loin. Sans vouloir me contredire, en rappelant ce que je disais en introduction à cet article, il y a tout de même une constante, tout le monde veut être bien, heureux, le ventre plein. Tout le monde veux être aimé, apprécié et reconnu.

Gamins tout excités de voir des blancs à Hampi
Et évidement, il y a la pauvreté. Chez-nous c'est devenu un cliché d'en parler, presque, mais reste que c'est toujours là, ça ne s'en va pas. Mais je ne vous parlerai pas des effets de la pauvreté elle-même mais bien du changement qui s'est opéré dans nos esprits, sur notre compréhension de la pauvreté. Dans nos pays riches, nous ne pouvons comprendre la pauvreté que dans le contexte de notre environnement organisé, propre et d'abondance. Nous voyons les pauvres enfants mourir de faim dans les messages publicitaires et imaginons ce que serait la vie dans nos villes, sans le sous. Mais nous avons rencontré ceux qui font partie des statistiques et ils ont des vêtements, ils mangent, il n'ont pas toujours l'eau courante et très peu de possessions. Il ne mènent sûrement pas la vie dont vous rêvez mais ils ont quand même le sourire. Ils ont plus qu'on peut s'imaginer parce que tout est moins dispendieux et moins compliqué. Le dollar par jour qu'ils ont nous parait dérisoire mais sa valeur est toute autre chez-eux. De toute façon, comment pourraient-ils comprendre a quel point notre vie est différente de la leur? Je sais qu'il y a plein de failles dans ce que je viens de dire, il y a des gens qui sont dans la misère totale, mais nous comprenons mieux aujourd'hui comment ça se passe ailleurs et à quel point nous faisons partie d'une minorité de gens qui ont tout et qui croient, avec une bienveillance parfois mal placée, que la majorité devrait faire comme eux. J'avoue rester perplexe quand je vois qu'on mange santé pour moins d'un dollar dans la rue en Asie et que chez-nous, pour 10 fois plus, on mange du fastfood. Notre logique industrielle veut que la malbouffe soit moins dispendieuse, allons savoir comment on peut trouver ça logique. Ne devrions-nous pas revisiter, simplifier, leur emprunter certaines idées? Devrions-nous «s'appauvrir» un peu pour mieux vivre? Je ne crache évidement pas sure notre civilisation et tous les bienfaits qu'elle apporte mais je crois qu'on gagnerait à mieux comprendre le reste du monde.

Le sourire thaïlandais
Qu'est-ce qui a changé chez-moi? Beaucoup de choses. Je suis toujours la même personne mais j'ai gagné quelques galons de sagesse (et quelques poils au menton). J'ai appris à sourire. Je savais sourire, mais le sourire d'abord, pour approcher les gens, ce n'était pas ma qualité première. Disons que la Thaïlande y est pour beaucoup, la photographie dans la rue aussi. C'est un signe du langage universel, une façon très efficace de montrer patte blanche et que vous êtes un gentil personnage qui ne veux que faire connaissance (et croquer sans arrière pensée un beau portrait).

Marie-Claude, de son côté, apprend à vivre au présent, chose difficile quand on a passé des années a planifier des projets, a faire des projections dans l'avenir et à composer au futur. Nous nous sommes donné la règle de ne pas planifier plus que les quelques jour prochains (et encore moins la plupart du temps). Sinon, on oublie de profiter de ce qui se passe maintenant. Et nous réussissons de plus en plus à nous détacher du matériel, à se réjouir du peu de possessions qui nous suivent. Nous ne pensions pas avoir un jour autant de satisfaction à acheter une paire de bas ou une boîte de muesli. Il faut dorénavant éviter de tenter le diable, rester loin des hauts-lieux de consommation de peur de succomber à nouveau (Bangkok à été, à ce sujet, un test de notre volonté). C'est pourquoi notre vision floue de notre avenir au Québec ne prend pas place dans un grand centre mais bien dans le grand espace, entourés de beauté naturelle et d'amis.

Petit vendeur de cartes postales
Aujourd'hui, en cherchant à garnir cet article de photographies prisent au cours de l'année, j'ai eu une montée d'émotions à revivre tout ce qui s'est passé. Parfois on dirait que ça passe trop vite, mais en réalité nous n'avons jamais vécu autant de choses dans si peu de temps. J'aimerais bien pouvoir voyager dans le passé et revivre certains moments. Mais c'est impossible alors nous devrons continuer à se construire de nouveaux souvenirs. Nous tournons donc la page sur une année bien remplie de découvertes et pour répondre à ceux qui se demande quand nous reviendrons, nous comptons bien profiter au maximum de ce notre état providence nous permet, cet-à-dire jusqu'en juillet 2013, si les astres sont d'accord.

P.S. En grande pompe, j'annonce un grand changement dans notre vie, nous buvons maintenant du café instant. Et bien oui. Ceux qui ont travaillés avec moi se rappellent mes discussions café avec Francis. Les autres savent que j'ai toujours adoré le café et qu'en téteux que je suis, je ne buvais que le bon café frais le petit doigt en l'air. L'Asie aura eu raison de mon snobisme cafnéaire, je ne bois aujourd'hui que du déca lyophilisé.

11 commentaires:

  1. Wow! Que dire de plus! Un article passionnant qui démontre combien vous avez appris à vivre dans le coeur, la seule vraie place où on retrouve le bonheur, la liberté et la paix intérieure.
    Quelqu'un a écrit: "Rêve comme si tu vivais éternellement et vis comme si tu allais mourir aujourd'hui." Votre quête de vivre au présent, de profiter de chaque instant est la clé! Pour ce qui est du futur, la meilleure façon de le bâtir est de vivre pleinement le présent avec des valeurs solides et de rêver avec son coeur.

    Je vous laisse sur une petite phrase de mère Térésa qui m'inspire et qui je crois fait maintenant partie de vos vie:
    "Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux"

    Bonne continuité!

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  2. Bon 1er anniversaire à la Fuite !
    Une année bien remplie...
    Vous avez la chance et le courage de réaliser un grand rêve, profitez-en à plein !

    Quel expérience de vie exaltante, prendre le temps de voir comment se passe la vie aux 4 coins de la planète. C'est bon de voir se préciser vos attentes! C'est à suivre...

    On vous aime Mom & Dad xxx

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  3. Le café instant, le choix des nomades. Toujours meilleur qu'un espresso moche comme il s'en fait trop. Tu as ma bénédiction. Parcontre, pour ce qui est du déca... ;)

    Pour ce qui est de votre nouvelle étape, Il m'apparait que vous êtes arrivés ailleurs; vous vous êtes suffisament perdus pour commencer à retrouver en vous ce que vous ne cherchiez pas. Mais ça sonne méditation ésotérique alors j'en rajouterai pas.

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  4. Merci Robert! Tes citations sont justes et nous les garderons en mémoire!

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  5. Enfin, j'ai ta bénédiction! Durant tout ce temps j'ai eu bien peur de te décevoir ;)

    Merci pour l'ésotérisme, ça fait du bien!

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  6. Merci Marilène, Merci Alain! De vos voeux et de vos visites toujours si appréciées!

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  7. Love the photos and would love to see the English version....

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  8. Thanks Dennie and Dk! We have been thinking for a while to have some english contents for our friends not fortunate enough to read french ;) one day!

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  9. Quoi dire à vous deux que CHAPEAU et BRAVO (oui en majuscule SVP, hi,hi)! Mais quel témoignage. J'en n'avais des frissons à te lire André. En quelque part dans vos ecrits je vous decouvre autrement. Quel beau parcours et merci d'avoir patagé votre année à la fuite.C'est toujours un plaisir de vous lire et vous suivre. Chin,Chin à la bonne vôtre. Au plaisir les chanceux. Gros bisous.

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  10. Super article
    Boire du café instantané? Beurk... Quand je n'ai pas de bon café, je préfère du bon chaï
    Donnez de vos nouvelles
    Xx
    Rose

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  11. Super article
    Du café instant. Beurk... Le chaï est bien meilleur...
    Donnez des nouvelles
    Xx
    Rose

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