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dimanche 15 avril 2012

Bangkok, à la folie

par Unknown
Le Bouddha couché de Wat Pho
De toutes les grandes villes par lesquelles nous sommes passés depuis le début du voyage, peu ont été ajoutées au palmares des villes où j'habiterais volontier. Mais voici qu'après Istanbul, Bangkok brille en tête de liste. Il y a peu d'explications rationelles pour notre appréciation d'une ville. Quand on cherche à en discuter avec d'autres, on trouve des raisons comme la beauté, l'histoire, les gens. Au fond, c'est dans les tripes que ça se passe. On accroche ou pas, c'est comme dans les histoires d'amour.

Vers la fin de notre séjour à Koh Lanta, quelque chose clochait. Nous avions tout pour être heureux mais notre bien-être s'égrainait tranquillement sans que nous ne sachions pourquoi. Et la lumière fût, nous avions besoin de faire quelque chose de notre peau. Le farniente sur le sable, les baignades dans la mer, l'oisiveté balnéaire est bonne pour les vacanciers en quête de repos pour une semaine ou deux, mais elle ronge les êtres d'action que nous sommes. Je ne suis pas certain que je pourrais vivre dans une cabane sur une île déserte pour toujours. Je crois qu'après avoir goûté l'abondance culturelle et la stimulation intellectuelle à haut niveau, il y a un point de non retour et on ne peut pas se transformer en iguane et vivre d'amour et d'eau fraîche (pour ne pas dire de plage et d'eau salée). Nous avons donc décidé de mettre le cap à nouveau sur Bangkok pour y dépenser le dernier mois de notre visa. Nous avons loué un appartement avec cuisine (faut le dire vite parce qu'ici tout le monde mange à l'extérieur) et sommes devenus bangkokois pour un mois.

Cabanes croulantes sur le canal
sous le BTS tout neuf
Bangkok est un délicieux mélange de vieux et de nouveau, de traditionnel et d'avant-garde. Parmi les innombrables nouveaux édifices à condo deluxe et dizaines de centres commerciaux, sont coincés temples dorés et anciens bâtiments en bois à l'architecture traditionelle. Sur les canaux et la rivière Chao Phraya, qui scinde la ville en deux, naviguent des traversiers modernes et long-tail boats rafistolés. Sur les berges de la rivière se dressent autant de bâtiments bancals sur pilotis pourris et de temples que de tours ultra-modernes pour thaïlandais nouveaux-riches. Et au travers de ce labyrinthe de béton et d'acier, sur chaque petit bout de bitume disponible se trouve un marchand de téléphones portables, de bidules en plastique, de souliers, de revues, de fruits et légumes, de pattes de poulet, de langues de porc et une multitude de kiosques de nourriture de rue succulente et ridiculement abordable. À bangkok, c'est tout à fait possible de prendre votre dîner en marchant, dégustant l'entrée, le plat principal et le dessert préparé par trois cuisiniers différents sur trois rues différentes. Il faut oser, se lancer mais une fois la glace brisée, vous mangerez la meilleure cuisine thaïlandaise pour moins de deux dollars par repas. Si vous avez
    Séance d'aérobie dans le parking du  
Tesco Lotus,
chaîne de supermarchés thaïlandaise
le goût de sushi, de barbecue japonais ou d'un Big Mac, pas de problème, la cuisine de partout dans le monde est disponible. Et les amateurs de shopping seront bénis. La ville est criblée de centres commerciaux et de marché de rue. Un exemple extrème est le marché Chatuchak, un marché de fin de semaine de 27 acres! C'est un vrai labyrinthe de vêtements, meubles, antiquités, et de brocantes. Je ne vous cacherai pas que nous avons fait du shopping. Quelques accessoires de photos se sont ajoutés à mon arsenal et j'écris cet article sur un beau Macbook Air tout neuf, achat qui, pour le justifier, m'a demandé d'être très créatif afin de me permettre de dormir sur mes deux oreilles (on s'habitue à payer 1$ pour manger vous savez!). Ah! J'oubliais, on fait même de la danse aérobique dans les parking de centre commerciaux à Bangkok. Pourquoi pas...


Prieurs à Wat Pho,
le temple du Bouddha couché
Au moment où j'écris cet article, nous fêtons le Songkran, nouvel an bouddhique. Les célébrations traditionelles comprennent des visites aux temples, où les fidèles versent de l'eau parfumée sur les statues de Bouddha, prient et apportent des offrandes aux moines. Comme dans la vie de tous les jours, les temples sont aussi envahis de kiosques de nourritures où vous pouvez savourer des plats traditionnels entre deux séances de prière. Les touristes sont les bienvenus. Nous avons versé de l'eau sur les Bouddha et sonné le gong sous le regard approbateur des thaïlandais. Mais ce n'est pas tout, le Songkran à aussi sa version moderne. Dans son incarnation contemporaine, la fête est aussi une gigantesque guerre d'eau. Pendant les jours précédant les célébrations, les gens se procurent des fusils à l'eau et des petites pochettes étanches à téléphone portable. Pendant les quatre jours que dure la fête, il est pratiquement impossible de mettre le pied dans la rue sans se faire arroser. Il faut prévoir sa garde-robe en conséquence et vider ses poches de tout ce qui pourrait être noyé.


Dansons dans la mousse
Certains endroit dans la ville sont aménagés spécialement pour accueillir les fêtards. Certains grands centres commerciaux installent des enclos pour permettent aux gens de se mitrailler en toute quiétude et proposent également des pistes de danse avec mousse giclée, histoire de danser dans le bubble bath. Évidemment, les kiosques de nourriture sont également de la fête pour vous permettre de grignoter un peu de poulet frit entre deux jet d'eau. À Silom on à enregistré la plus grande bataille d'eau au Guinness en 2011. Il y a plein d'événements spéciaux dans les bars et c'est un énorme party en plein-air. Malgré son apparence inoffensive, il y a toujours des débordement. Beaucoup de jeunes profitent du moment pour se défoncer et ça donne lieu à des situations moins drôles. Nous n'avons pas été témoins de tels événements et la fête m'a plutôt parue comme un gros quatre jours de retour à l'enfance où tout le monde s'amuse à s'arroser à plus de 35 degrés. Le tout avec le sourire et une ambience festive contagieuse.

Super poêle à frire
en prévision de la foule à venir
Comme je disait au début de l'article, au delà de tous les arguments objectifs, il y a toute l'appréciation personelle et indescriptible qui vous attire vers une ville comme Bangkok. Je me sens à la maison dans cette ville aux multiples facettes. Je la parcours, armé de ma passe de Sky Train, et je me sens bien et heureux (et souvent fatigué de ces journées chaudes, humides et intenses). Nous sommes déjà à la moitié du mois d'avril et j'ai un pincement au coeur à penser que nous quitterons Bangkok. Ce n'est que partie remise. Nous partons une semaine visiter Chiang Mai, une incontournable visite que nous avions retardée à cause des problèmes de smog. Chiang Mai est dans le nord du pays où les agriculteurs brulent leur champs avant la saison des pluies en préparation de la prochaine culture. À chaque année, la ville est au prise avec un smog intense et cette année fût particulièrement terrible. Le smog à causé des problèmes de santé aux habitants et nous avons conclu que ce n'était pas le meilleur endroit pour mes poumons en convalescence. Maintenant que le smog se dissipe, nous préparons notre visite de cette ville qui charme beaucoup de visiteurs. Au retour de Chiang Mai, nous profiterons de Bangkok quelques jours de plus avant de nous envoler pour...

6 commentaires:

  1. Quel beau récit! Vous avez définitivement un talent journalistique à exploiter! J'espère que vous écrivez beaucoup de textes que vous ne publiez pas sur ce blog mais que vous conservez pour usage futur! Les batailles d'eau me rappellent une fête similaire à Casablanca, tu t'en souviens Marie-Claude? Bonne visite à Chiang Mai!

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  2. C'est un plaisir de vous lire, j'attendais impatiemment la suite de vos aventures merci beaucoup vous nous faites rêver Myriam de Lévis

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  3. André Malenfant17 avril 2012 à 01 h 04

    Merci Myriam! Ça fait plaisir d'entendre que vous appréciez!

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  4. André Malenfant17 avril 2012 à 01 h 05

    Merci Robert!

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  5. La statue de bronze, je l'ai vue sur l'foyer chez P'a!

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  6. André Malenfant28 mai 2012 à 15 h 52

    Un bouddha couché! Il doit avoir au moins, sinon plus, de bouddhas que de croix chez nous!

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